Publié le 03/02/2007 à 12:00 par enseignement
Début janvier, certains médias ont parlé de la pénurie d’enseignants. Cette information n’a pas ému grand monde… elle est passée inaperçue comme tout ce qui touche à l’enseignement malheureusement.
Fin janvier, un Directeur d’école s’est fait poignarder par un élève et tout le monde s’est, à juste titre, indigné. Depuis, les médias ne cessent de parler de l’école, d’essayer de pointer ce qui ne va pas… ne laissons pas le débat en cours s’éteindre une fois de plus !
L’enseignement de la Communauté française est depuis longtemps à la dérive, il est grand temps que chacun s’en inquiète ; c’est un devoir de citoyen.
Il est pourtant à déplorer qu’il faille attendre un fait aussi grave et aussi innommable pour qu’on s’y intéresse…
La violence à l’école ce ne sont pas seulement les violences physiques. Chaque professeur y est confronté, parfois quotidiennement, à travers le refus de certains élèves de prendre leur cours, de se mettre au travail, d’enlever leur casquette, de se tenir assis correctement en classe, de parler poliment…
Le manque de respect dont les professeurs sont quotidiennement l’objet, c’est une forme de violence qui use et fragilise la profession.
La violence n’est pas uniquement le fait des élèves. Certains parents s’adressent aux professeurs de leur enfant avec mépris et arrogance voire en les insultant ou les menaçant. Comment espérer que les élèves respectent leurs professeurs quand ils entendent leurs propres parents leur parler ainsi ?
Il faudrait, plutôt que de sans cesse crier au manque de moyens et au manque de personnel pour encadrer la violence, se pencher sur les raisons de cette violence et essayer de l’éradiquer de l’enceinte de nos écoles.
Premièrement, il est grand temps de s’interroger sur la pertinence de l’obligation scolaire jusqu’à 18 ans. La Belgique est, à ma connaissance, le seul pays où cette obligation soit si longue. Et, ne nous leurrons pas, le but n’en était pas si louable mais très démagogique : contrôle social ! En voulant éviter que des jeunes déscolarisés et désoeuvrés perturbent la rue, ils perturbent aujourd’hui l’école ! Ces jeunes-là, quoique les professeurs fassent, rien ne les rattachera plus au système scolaire.
Ensuite, il faudrait rappeler que l’école se doit d’être un lieu où règne la discipline. Au fil des ans, une série de mesures ont rendu l’institution scolaire beaucoup trop laxiste sous prétexte qu’il ne fallait pas traumatiser les élèves ! Nous en payons aujourd’hui le prix fort car dans une société où les médias et le mode de vie ne cessent de favoriser l’agressivité et la violence, dans une société où les familles ne donnent plus de repères aux enfants et où les parents n’arrivent plus à éduquer leurs chérubins, l’école est le seul lieu qui va permettre à ces derniers de connaître les repères et les limites nécessaires à la vie en société. Or, aujourd’hui, force est de constater que l’école publique dans ce domaine n’assume plus du tout son rôle.
Le problème de nos élèves est qu’ils ne comprennent pas ce que l’école attend d’eux et ne comprendront pas ce que la société attend d’eux. Quand un professeur exige qu’ils travaillent, ils n’en voient pas l’utilité ni le bien-fondé.
Eduquer c’est savoir dire non mais surtout faire respecter ce non. Les enfants qui n’ont jamais été confrontés à cette règle élémentaire à la maison, comment l’accepteraient-ils à l’école ?
Enfin, j’aimerais rappeler que si certaines écoles manquent effectivement cruellement d’éducateurs, il ne s’agirait pas non plus de donner cette responsabilité à n’importe qui. La formation de ce personnel indispensable devrait être à la hauteur de leurs responsabilités et les exigences pour en obtenir le diplôme également.
Combien d’éducateurs en milieu scolaire n’agissent pas au mépris des principes de déontologie les plus élémentaires ?
J’enseigne précisément la déontologie à de futurs agents d’éducation et quand je leur explique quels en sont les principes de base, combien ne me rétorquent-ils pas « ce n’est pas ce que fait Madame X ou Madame Y ! » ?!
Un éducateur n’est pas un copain, il n’est pas censé raconter aux élèves ce que certains de leurs professeurs disent d’eux en conseil de classe, etc. Ces choses sont pourtant trop souvent à déplorer dans les écoles…
Faut-il rappeler que les agents d’éducation (enseignants, éducateurs) devraient être des modèles pour les enfants ? S’ils ne montrent pas l’exemple, comment attendre les bons comportements de la part des élèves ?
--
Publié le 03/02/2007 à 12:00 par enseignement
Comme d’autres collègues, j’aimerais réagir à la Carte blanche de Didier Bronselaer, publiée dans vos colonnes le 4 janvier dernier.
L’échec scolaire n’est pas une donnée à étudier loin des salles de cours à coup de grandes théories psychopédagogiques ; il y en a marre des discours culpabilisants des théoriciens et des pouvoirs publics mettant toute la responsabilité des échecs des élèves sur leurs professeurs.
J’ai déjà entendu certains d’entre eux soutenir que les enseignants, de manière inconsciente, corrigeaient les examens en ayant une courbe de Gauss à l’esprit, parce qu’il est logique que dans chaque classe il y ait un certain nombre d’échecs… Heureusement que le ridicule ne tue pas…
Je pense pouvoir parler au nom de la majorité des enseignants quand je dis que le souhait de chacun d’entre nous est de ne pas avoir d’échec. Pourquoi ? Parce que l’échec, s’il est difficile à vivre pour l’élève, l’est tout autant pour l’enseignant qui a tendance à se l’approprier. En effet, si malgré les heures passées à expliquer certaines choses, à trouver les exemples appropriés, à évaluer, réexpliquer, les élèves échouent… n’est-ce pas de notre faute ? La première réaction de tout enseignant face à l’échec de ses élèves est toujours la remise en question : ne faut-il pas changer sa méthode de travail, simplifier certains points, changer d’exemples, être plus concret, etc.
Mais, aujourd’hui, le taux d’échecs a tellement augmenté (je me retrouve dans certaines classes avec 75% d’échecs) qu’il faut chercher l’explication ailleurs. Il est temps de se poser les bonnes questions pour éliminer les causes de l’échec scolaire. Et finalement, rien ne serait plus facile, si on voulait bien prendre le temps de s’y attarder.
La première cause de l’échec scolaire aujourd’hui est sans conteste la fainéantise de nos élèves. Or, si un enseignant peut beaucoup pour aider ses élèves, il y a quand même une chose qu’il ne peut pas faire c’est étudier et travailler à leur place.
Nos élèves ne connaissent plus la valeur de l’effort et du travail bien fait. Ils se contentent de peu et travaillent très souvent de manière très superficielle. Pourquoi ? Parce que, dès le début de leur parcours scolaire, on les ménage beaucoup trop. Certes, trop de devoirs ce n’est pas bon mais pas de devoir c’est irresponsable ! C’est dès leur plus jeune âge que les écoliers vont apprendre que pour connaître des choses, pour avoir de bons points, il faut fournir un effort et donner de soi-même. C’est aussi grâce aux devoirs et aux préparations qu’ils vont, au fur et à mesure, apprendre à gérer leur temps de travail (notamment par rapport à leur temps de loisirs) et à organiser leur travail en fonction des priorités. Reporter ce genre de responsabilités au deuxième degré du secondaire c’est bien trop tard. Résultat : en 5ème et 6ème année du secondaire, nombre de mes élèves récoltent des zéros pointés pour devoir non fait !
La deuxième cause de l’échec scolaire, à mon avis, c’est le problème de la maîtrise très insuffisante voire inexistante de la langue française.
Cela se traduit de deux manières dans les évaluations : premièrement, les élèves ne comprennent pas certaines questions, par conséquent, ils ne répondent pas toujours à la question posée. Deuxièmement, l’enseignant ne comprend pas ce que l’élève écrit : orthographe effroyable, écriture phonétique, pas de ponctuation, problèmes de syntaxe et de conjugaison, etc.
Comment en est-on arrivé là ? On nous a inventé, il y a plusieurs années, l’idée qu’il y avait mieux que la bonne vieille dictée (qui, paraît-il, traumatisait les élèves) pour apprendre l’orthographe. Parallèlement, on a estimé qu’il fallait, dès le début de l’école primaire, fixer l’apprentissage du français sur la recherche du sens et de l’expression orale, c’est ce qu’on appelle la méthode globale. On a aussi estimé qu’il fallait, en matière de lecture, privilégier une littérature dans laquelle le rapport à la langue est plus basique, plus concret (vive la BD et exit la littérature classique !) ; mais comme il ne faut pas que les élèves aient trop de travail à la maison, il ne faut pas leur faire lire trop de livres.
Eh bien, laissez-moi vous dire, messieurs les théoriciens, que cette nouvelle manière d’apprendre le français, fait de nos élèves de fin du secondaire de parfaits illettrés !
Bien sûr, il faut que l’école s’adapte aux évolutions de la société. Mais, les savoirs de base, ceux qui forment l’esprit critique, la capacité à raisonner et à apprendre sont toujours les mêmes aujourd’hui qu’hier. Les exigences des enseignants à cet égard devraient également toujours être les mêmes.
L’école est le seul lieu qui peut et qui doit faire découvrir à l’élève l’ailleurs, l’avant, l’autre pour lui permettre d’analyser et de comprendre la société dans laquelle il vit. Et penser qu’il faut à tout prix veiller à intéresser les élèves à la matière en leur parlant d’eux-mêmes, de leurs centres d’intérêt et de leur environnement immédiat, c’est altérer leur capacité à prendre du recul par rapport au monde qui les entoure et cela n’en fera pas des citoyens responsables.
Or, l’école n’est-elle pas le lieu d’apprentissage par excellence de la démocratie ?
A quand une réforme de l’enseignement qui tienne compte de ce qui se passe dans les classes et qui répare les erreurs du passé ?
Publié le 03/02/2007 à 12:00 par enseignement
Des discussions récentes en USC, les coups de gueule syndicaux du mois de novembre et tout récemment, les résultats d’une enquête sur l’enseignement supérieur et universitaire nous confirment que beaucoup (trop !) de choses ne vont pas au sein de l’enseignement de la Communauté française.
Le problème c’est que ça ne date pas d’aujourd’hui. Ces vingt dernières années, la Communauté française a précipité, à l’aide de nombreuses réformes totalement inappropriées, le naufrage de l’Ecole publique francophone. Et, force est de constater qu’avec le temps, ce naufrage s’étend de l’école maternelle à l’Université.
Le niveau des élèves est, nous semble-t-il, très préoccupant car il ne cesse de baisser. Certes, les critères de jugement ne peuvent pas être les mêmes aujourd’hui qu’il y a 20 ans, mais nous ne pouvons pas pour autant faire l’impasse sur les savoirs de base, ceux qui forment l’esprit critique, la capacité à raisonner et à apprendre.
Ce constat sur l’école francophone, il est grand temps de l’accepter, sans faux semblants et en osant dire tout haut ce qui fâche. Car finalement, le débat qui s’ensuivra touche aux fondements de la démocratie et de la citoyenneté. C’est de notre société dans son ensemble qu’il s’agit.
Alors, quand est-ce que les pouvoirs publics vont enfin poser les bonnes questions, reconnaître leurs nombreuses erreurs et enfin agir pour le bien de tous en veillant à un enseignement de qualité avec des enseignants de qualité ?
Voici quelques problèmes parmi d’autres à soulever :
• En ce qui concerne l’enseignement fondamental : quand osera-t-on ouvertement admettre que la méthode globale c’est « du n’importe quoi » ? (En France, constatant les dégâts de cette méthode sur la maîtrise de la langue française, le gouvernement l’a récemment bannie des écoles).
Elle est tellement globale cette méthode qu’en fin de secondaire on certifie des élèves qui sont purement et simplement illettrés c’est-à-dire qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent et ne savent pas écrire deux phrases correctement. Et pourquoi ne pas réinstaurer la dictée pour apprendre l’orthographe ?
• Dans l’enseignement secondaire, on nous oblige à travailler par compétences. Mais comment travailler sur des savoir-faire quand il n’y a pas de savoir ? La plupart des élèves aujourd’hui ont de telles lacunes au niveau des savoirs de base qu’il est pratiquement impossible de travailler sur les compétences et surtout d’évaluer les élèves en tenant compte de ce critère. En effet, quand un enseignant, pour aborder un point de son programme, doit revenir trois ans en arrière, on comprend vite qu’il y a un gros problème !
Mais tout s’explique : on a décidé de ne plus faire passer d’examen en première année du secondaire qui est pourtant une année critique, donc passage automatique en 2ème année ! En 2ème, nombre d’élèves passent en 3ème malgré leurs échecs car pour pouvoir recommencer une 2ème il faut que l’école puisse organiser une classe de 2ème bis. Si pas de 2ème bis, on passe donc en 3ème même avec de grosses lacunes !!! Lacunes qui, bien sûr ne seront, sauf exception, jamais comblées !
Résultat, les écoles supérieures et même l’Université, sont obligées aujourd’hui de multiplier les cours préparatoires et les cours de soutien. Et, certains étudiants, pendant les cours préparatoires, se rendent compte qu’ils n’y arriveront pas car ils n’ont pas le niveau. La faute à qui ? A tous les professeurs qui, au cours de leur parcours scolaire, ont souvent baissé leurs exigences pour s’adapter aux lacunes des élèves.
• On veut revaloriser l’enseignement technique et professionnel ? Il est temps en effet d’inverser la tendance car pendant des années on en a fait un enseignement de seconde et troisième zone et les écoles qui dispensent ce type d’enseignement sont souvent apparentées à des écoles « poubelles ».
Ces filières d’enseignement sont nécessaires car elles permettent aux élèves qui ont du mal avec les savoirs théoriques d’apprendre autrement. Ce n’est pas plus facile, mais c’est différent et souvent plus pratique.
Mais, commençons aussi par valoriser les enseignants de ces écoles notamment ceux des cours généraux : combien d’entre eux, quand ils se plaignent de ne pas arriver à enseigner leur matière, ne se sont pas entendu dire par leur direction ou les inspecteurs,
« du moment que vous tenez bien vos élèves et qu’ils ne font pas de débordement, le programme ce n’est pas grave ! »
Un enseignant n’est pas un gardien d’enfants, il est là pour instruire et transmettre certaines choses. Et les élèves de ces écoles ont le droit de recevoir un enseignement complet et de qualité.
• Penchons-nous un instant sur cette fabuleuse invention : les
recours ! A la base peut-être une intention louable du politique même si la mesure ne devait toucher qu’une infime portion des élèves. Dans la réalité, nous ne pensons pas que les pouvoirs publics aient une quelconque idée de la manière dont cette procédure est vécue par les enseignants et surtout la manière dont elle handicape le processus de décision au sein des établissements scolaires.
Certains enseignants ont peur de mettre en échec des élèves qui n’ont pourtant pas le niveau requis parce que « s’il y avait
recours … » ; on ne fait pas doubler un élève pour un seul échec, même conséquent, parce que s’il y avait recours, il est plus que probable qu’il passerait dans la classe supérieure, etc.
Alors, que les pouvoirs publics nous expliquent : à quoi servent encore les évaluations et les examens puisque même les élèves n’ayant pas le niveau obtiennent leur passage à la classe supérieure voire leur diplôme ; à quoi servent encore les profs qui mieux que personnes connaissent leurs élèves et savent ce dont ils sont capables ou incapables mais dont on casse parfois la décision (et le moral !) en procédure de recours ?
• Tous niveaux d’enseignement confondus, quand reconnaîtra-t-on qu’on ne s’improvise pas enseignant ? Ces dernières années, au nom de la pénurie (a-t-on seulement réfléchi aux causes de la pénurie pour y remédier ?), on voit régulièrement débarquer dans les écoles des soi-disant profs qui font beaucoup de tort aux élèves.
Non, il ne suffit pas de maîtriser un certain savoir pour être un bon enseignant (par exemple, on peut être un très bon ingénieur mais un lamentable prof de math).
Non, on ne peut pas brader le diplôme d’enseignant : il n’est pas logique, quand on défend un enseignement de qualité, de donner un diplôme d’enseignant à des étudiants qui n’atteignent que tout juste leur moyenne, voire qui ont raté plusieurs de leurs stages, voire qui obtiennent leur diplôme parce qu’on lève certains échecs.
Un enseignement de qualité passe par des enseignants de qualité…
Alors, quand il n’y a pas de professeur disponible pour enseigner une matière, plutôt que de masquer le problème et faire comme si tout allait bien en donnant la charge à quelqu’un qui n’a pas les qualifications requises (et malgré sa très bonne volonté) mais qui risque d’imprimer des erreurs dans la tête de nos enfants, osons mettre en évidence un véritable problème en privant ces enfants de leurs heures de cours (mesure très peu populaire mais qui, si elle devait se répéter, ferait bouger les choses).
Marie Arena s’est offusquée quand un des « grands patrons » de Belgique a déclaré récemment que les écoles de la Communauté française étaient des fabriques de crétins. Certes, les mots sont forts mais, sur le terrain, on paie le résultat d’une politique qui se veut égalitaire et démocratique alors que dans les faits, elle creuse le fossé entre une grande majorité d’élèves qui vont sortir de l’école avec un diplôme qu’ils ne méritent pas et une très petite minorité de très bons élèves qui sortent de l’école publique avec un réel espoir dans la vie.
On a supprimé les examens pour passer dans certains niveaux scolaires, on a supprimé les devoirs à la maison, on nous invente tous les ans de nouvelles choses pour permettre à plus d’élèves d’aller au bout de leur scolarité, voire pour ne pas traumatiser les élèves ; mais à force de faciliter la tâche aux élèves, ils ne savent plus ce que signifie « faire des efforts », ils ne retirent même plus de fierté d’un travail bien fait car ils ne s’en donnent plus la peine.
Bref, il est grand temps d’arrêter le massacre. Les jeunes formés aujourd’hui sur les bancs de l’école publique belge sont les citoyens de demain. Il serait bon pour les partis démocratiques qu’à l’heure où ils seront appelés à voter ils soient capables de lire et analyser un programme politique digne de ce nom avec un certain esprit critique ! C’est censé s’apprendre à l’école mais …
Le temps que nous perdons depuis plusieurs années à discuter et à nous enflammer sur des « mesurettes » (l’Ecole ne se réduit pas à un budget, des barèmes, des salaires et un système de pensions) est du temps perdu pour la société que nous construisons pour nos enfants et, dans 20 ans, tout nous explosera à la figure, plus personne ne rigolera ni ne s’en foutra mais il sera bien trop tard !
Alors réagissons tous ensemble maintenant ! Et mobilisons-nous pour une école et une société gagnantes !